Les communautés récifales

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Les mers chaudes et peu profondes furent peuplées à tous les temps d'une richesse extraordinaire en espèces diverses. Dans les zones récifales, les animaux dominants sont jusqu'à dans nos jours les coraux et les spongiaires, dans le Paléozoïque aussi des Bryozoaires, Brachiopodes, algues calcaires et Archaeocyathides. Les récifs n'étaient pas toujours bien développés. Limitées sur les eaux chaudes, elles ne pouvaient que se développer dans les zones tropicales, dans les périodes de réfroidissement global répétées leur répartition fut très réduite.

A part de ces espèces dominantes, une grande multiplicité d'animaux comportaient aux communautés récifales. Leurs fossiles nous rendent témoignage de ces systèmes écologiques longtemps disparus. En suivant une petite sélection de fossiles de la faune accompagnante qu'on peut découvrir ensemble avec les oursins:

1. Les bivalves:

Il n'existe presqu'aucun endroit dans la mer où il n'y a pas de bivalves. Pas étonnant qu'on les retrouve aussi avec les oursins. Ce bivalve-ci, nommé Pholadomya ovalis, se trouve très fréquemment avec les Clypeus plotii dans la période du Bajocien dans le Jurassique moyen. Il appartient aux bivalves qui vivent dans la boue du plancher marin, complètement terrés dans la boue, seulement leur siphon visible à la surface - pour soutenir un courant d'eau, filtrant ainsi la nourriture et assurant l'alimentation en oxygène. Les coquilles étaient toujours closes (pour empêcher l'entrée de la boue), le siphon sortant à l'une côté par une brèche, un espace béant formé sur le bout obtus où les coquilles ne se fermaient pas (à droite sur la photo). Voici ainsi le nom des ces animaux - les bivalves "béants".

Ils partageaient donc leur manière de vie avec les grands oursins - ceux-ci vivaient aussi dans la boue, mais au contraire à ces bivalves ils étaient des fouisseurs, récherchant ainsi leur nourriture dans la boue, composée de microbes et de restes organiques. Bien qu'ils partageaient leur demeure, ils n'étaient pas des concurrents de nourriture, ils vivaient dans des niches écologiques différentes. Pholadomya ovalis n'était qu'une espèce de toute une gamme de tels bivalves. Les plus gros parmi eux étaient les espèces du genre Homomya (H. gibbosa) avec une taille de 12 cm de long et 6 cm de large.  

Malheureusement, les coquilles ne sont pas bien conservées souvent dans ces gisements, délaissant seulement les moules internes marneux et fragiles. Ici un spécimen avec sa coquille encore bien préservée, Pholadomya ovalis, 8 cm de long et 5 cm de large, trouvé sur les chantiers du TGV-Est près de Pont-à-Mousson.

2. Les Ammonites:

Démontré déjà sur la page principale sur les oursins, les Ammonites ne sont pas les animaux typiques des communautés récifales. Ils préféraient les eaux plus profondes et plus calmes. Mais on retrouve parfois quand-même leurs fossiles dans ces communautés, rendant possible ainsi la détermination exacte de l'age de cette communauté. Car dans le Jurassique, les Ammonites présentent avec leur immense gamme d'espèces et leur succession exactement prouvable une échelle chronométrique idéale. Cette classification serait impossible sans eux, seuls avec les oursins ou les coquillages avec la plus grande persistance de leurs espèces au fil des temps. C'est pourquoi que les Ammonites sont toujours les bienvenues, même si leures fossiles ne correspondent pas aux conceptions du collectionneur en beauté et préservation. Mais pour la science, la valeur d'un fossile ne se détermine pas par sa beauté, mais seulement selon les informations qu'il peut révéler aux scientifiques. Pour ces raisons, même des morceaux peuvent atteindre une valeur irremplaçable:

De tels fragments d'Ammonites (celui-ci mesurant 13 cm de long) ont permis de classifier les "couches à Clypeus" exactement dans l'échelle chronométrique - dans le Bajocien, puisqu'il s'agit d'une Ammonite du genre Parkinsonia, caractéristique pour cette période. En effet, au début, quand ce gisement fut découvert lors des travaux sur le TGV, on le classifiait dans le Bathonien, période suivante au Bajocien, à 10 millions d'années trop tard.  Les coquillages et les Clypeus se trouvent dans toutes les deux périodes, mais les Parkinsonia au Bajocien exclusivement.

La préservation fragmentaire de l'Ammonite et la forte colonisation avec des Serpulides (après a mort) est typique pour un fossile délocalisé.

3. Les Bélemnites:

Branche des seiches apparaîtrant à la fin du Trias et disparaîtrant au cours de la "Grande Extinction" à la fin du Crétacé, marquant la fin du Mésozoïque avant 65 millions d'années. Leurs successuers modernes occupant leurs niches écologiques sont les Calmars. Les Bélemnites étaient des prédateurs marins, nageurs souples parfaitement adaptés à la chasse dans l'océan.

Comparée aux Ammonites, leur "coquille" était très réduite dans un petit Phragmocône (la partie aux chambres d'air), allongé d'une sorte de "bâton" en Calcite entièrement enrobé dans leur chair. Normalement c'est le seul élément qui restait. Le mot "Bélemnite" origine du mot grècque pour "la foudre", on croyait que ces Bélemnites se formeraient par un coup de foudre dans le sol. Le mot Bélemnite est appliqué donc pour cet organe fossile ainsi que pour ce groupe d'animaux en général.

Au fil des temps, les Bélemnites se sont diversifiés dans un grand nombre d'espèces, parmi eux des espèces minuscules de quelques millimètres ainsi que des géants de presqu'un demi mètre. Ces espèces géantes, sous le nom du genre Megateuthis, vivaient dans le Jurassique moyen. Présentée ci-dessous une telle Megateuthis, découverte dans les gisements de Clypeus plotii. Avec ses 15 cm de long (4,5 cm de large) s'agit-il d'un spécimen petit. Malheureusement la pointe était perdue. En comparaison une Bélemnite "normale" d'environ 7 cm (Gastrobelus sp.) et deux des plus petites, Pleurobelus compressus, 1,8 - 2,2 cm (ces deux espèces du Jurassique inférieur), à gauche en bas:

4. Les Gastropodes:

Les coquilles de gastropodes se trouvent dans notre région surtout dans les récifs du Jurassique supérieur. Bien qu'ils sont apparus déjà dans l'Ère Primaire (Dévonien), la période avec leur plus grande diversité n'était que dans le Cénozoïque, dans la période de l'Éocène.

Dans nos récifs jurassiques, surtout les "Turritelles", nommées ainsi selon leur coquille allongée comme une tour petite, sont les plus impressionnantes. Dans les récifs à la fin du Jurassique et au début du Crétacé on en trouve avec des coquilles d'une longueur de parfois plus de 20 cm. Naturellement, il faut beaucoup de la chance pour découvrir une telle coquille non endommagée. Parfois, leurs coquilles furent silicifiées au cours de leur fossilisation. De tels fossiles sont facilement à dégager - par dissolution de la roche calcaire entourante dans de l'acide hydrochlorique dilué. Si la coquille est en Calcite (ce qui est le plus souvent le cas dans notre région), un dégagement mécanique prudent est la méthode de choix pour leur préparation.

Les Turritelles présentées en bas originent des chantiers du TGV-Est sur le côté ouest de la vallée de la Meuse (en bas) et des carrières d'Euville (en haut). Leures coquilles calcitiques sont creuses, l'intérieur complètement revêti de petits cristaux de Calcite. La Turritelle en haut, Pseudomelania heddingtonensis, mesure 14 x 4 cm, celle en bas, probablement une Cossmannea defrancei, 6 x 3 cm, les deux espèces du Jurassique supérieur. Mais on y a trouvé aussi des morceaux de Turritelles ayant mesurées entièrement plus de 20 cm de long, probablement de l'espèce Cossmannea gigantea du Crétacé inférieur. L'aspect des fossiles trouvés sur ces endroits donne l'impression d'une faune transitoire entre le Jurassique supérieur et le Crétacé inférieur.

Dans les récifs du Jurassique moyen sur le flanc ouest de la vallée de la Moselle, une autre espèce de Gastropodes n'est pas rare: Bourguetia saemanni. Surtout vers la Lorraine du Nord et le Luxembourg elles peuvent atteindre des dimensions parfois géantes, surpassant 20 cm de long. Ces Gastropodes sont préservés en moule interne calcaire, rarement la pointe est préservée en Calcite. Sur la photo suivante une assemblée de Bourguétias, mésurant de 8 x 4 à 18 x 8 cm:

5. Les Brachiopodes:

Petits animaux fortement ressemblant aux coquillages au premier coup d'oeil. Mais c'est un groupe d'animaux très séparé et peu relié à toute autre groupe d'animaux. Leur grande période était déjà dans l'Ère Primaire, pendant le Dévonien. Au contraire aux coquillages avec leur symmétrie sur une plaine horizontale le long des coquilles, la symmétrie des Brachiopodes est sur une axe verticale à travers les coquilles. Le signe le plus caractéristique est un petit trou au fond d'une coquille, duquel sortait un petit "bras" fixant l'animal dans le sol marin. Voici donc leur nom - les "animaux au pied sur le bras".

Comme les coqillages, les Brachiopodes se trouvent presque partout, surtout dans les eaux peu profondes, chaudes et bien aérées. C'est pourquoi qu'ils ne sont pas rares non plus dans notre région. On y peut distinguer trois sections principales - les Spirifères, les Rhynchonelles et les Térébratulidés. Les Spirifères avec leurs coquilles de formes impressionnantes ont vus leur meilleur temps au Paléozoïque et se sont éteints à la fin du Trias. Restent les Rhynchonelles aux coquilles cannelées et les Térébratulidés avec leurs coquilles lisses. Il y existe encore un quatrième groupe plus séparé (les Lingulidés) aux coquilles phosphatées (tous les autres ont des coquilles calcaires), qui n'affleure pas dans notre région.

En général, les Térébratulidés sont souvent les Brachiopodes les plus fréquents. Les Rhynchonelles sont plus rares. En Spirifères, on en trouve seulement de temps en temps les quelques espèces insignifiantes dans le Muschelkalk. L'identification des espèces exactes est souvent très difficile et n'est possible parfois que par leurs structures internes.

Voici trois Brachiopodes, une Rhynchonelle au centre, entourée de deux Térébratulidés, originant toutes du site aux Clypeus plotii. EIles mesurent entre 2 et 3 cm:

Tous les fossiles présentés sur cette page: collection Uli Siegel, Sarrebruck